Partager l'article ! les felteus: BONJOUR A VOUS TOUS GRANDS ET PETITS. CETTE HISTOIRE MA BIEN FAIT RIRE,CETTE CUISINIERE AURAIT PU FAIRE PARTIE D'UN DÎNER ...
BONJOUR A VOUS TOUS GRANDS ET PETITS.
CETTE HISTOIRE MA BIEN FAIT RIRE,CETTE CUISINIERE AURAIT PU FAIRE PARTIE D'UN DÎNER PREQUE PARFAIT. AVEC SON TALENT.
LES FELTEUS: Les fouilletous,les feuilleteus ou felteus en patois, sont des lutins ou démons familliers,jouant de bon et mauvais tours au paysans du Bassigny
......Il y a un peu plus de cent ans, deux cuisiniers émérites se disputaient le pompon dans le Bassigny. Le premier était une cuisinière et répondait au nom de Nanette Mage, elle habitait Noyers avec son mari et leur nichée composée de six bambins mieux endentés les uns que les autres.
A l'époque où commence cette histoire, Nanette avait quarante ans, bonne mineet un fond intarissable de gaité; rien qu'à se savoir vivre elle riait à se décrocher les mâchoires. Bonne femme, bonne mère, elle n'avait jamais refusé de partager son pain, qui était souvent bien plus sec, avec plus pauvre qu'elle,et à réconforter les mendiants par sa bonne humeur proverbiale dans le pays.
Le concurrent de Nanette s'appelait Vincent et habitait Montigny. Il était aussi maigre et aussi triste que sa rivale était grasse et gaie. Avare par nature, il était resté célibataire par économie. Personne n'avait jamais vu la couleur de son argent. Il passait cependant pour être fort à l'aise, et on se disait tout bas que ses neveux trouveraient après sa mort, dans un coin de sa cave, un vieux pot tout rempli de monnaie d'or ou d'argent.
Nanette avait appris son art au service d'un vieux chanoine de Langres, bon vivant s'il en fut, et qui mourut subitement d'un accès de goutte remontée, au moment où il allait faire son testament en faveur de sa cuisinière. Revenue au pays, aussi riche qu'en le quittant, mais cordon-bleu de croix, Nanette avait épousé Mage, couvreur en chaume.
Vincent était fils du cuisinier du comte de Choiseul, il avait passé son enfance près des fourneaux de ce seigneur, en compagnie de son père, qui lui distribuait sous forme d'encourageusement plus de taloches que de caresses,finalement lui laissa le fameux pot déjà bien à garni.
Tous les dîners de NOCES, de curé, de baptêmes, de quelque importance en un mot, étaient faits à dix lieues à la ronde par Vincent ou Nanette ; aussi Vincent détestait-il Nanette riait à tire- larigot en pensant à Vincent détestait'il Nanette, et Nanette riait a tire- larigot en pensant à vincent et sa mauvaise humeur.
Le 4 novembre de cette année que j'ai oubliée,il y avait une noce, mais une vraie noce à Ninville. Mathieu, le plus gros cultivateur du pays, épousait la plus belle et la plus riche fille du village. Ils étaient plus de deux cents invités, qui étaient venus des environs, en charrette, en carriole, à pied, portant chacun, sous un bras, le cadeau de bouche, dindon, oie, jambon ou toute autre pièce sérieuse et de bonne apparence; sous l'autre bras le présent de mobilier, bassinoire, paire de draps, poêle à frire,etc.
Ils avaient mis ces bons paysans, leurs beaux habits de droguet, dont les collets montaent au milieu de la tête, les pans ne descendant guère au-dessous des parties les plus charnues de leurs personnes. Tous les chapeaux étaient fièrement plantés sur l'occiput. C'était superbe.
Ce qui se consomma dans cette noce pendant toute la semaine qu'elle dura, personne ne peut le dire; mais pour une noce c'était une fière noce, et Nanette, qui présidait à la cuisine, a répété bien des fois que jamais elle n'avait tant vu manger et boire.
Le samedi arriva, c'était le jour du départ. A la fin de ce dîner d'adieu, suivant la coutume, Nanette fit le tour des tables avec sa cuiller à pot, et comme tout le monde était content, on lui donnait, l'un une pièce de quinze sols,un autre une pièce de trente sols, il y en eut même qui allèrent jusqu'au petit écu; quand aux mariés, ils mirent chacun dans ma cuiller un écu de six livres. A tout le monde Nanette riait, et elle riait encore bien plus en reprenant le chemin du logis, son panier sous le bras, bien garni de pâté, de jambon, de brioche, qu'elle emportait aux petits. Elle était joliment heureuse d'entendre grelotter sa monnaie dans la poche de son tablier et pensant à la bouche qu'allaient faire les mioches en reniflant son panier. Aussi allongeait-elle le pas en traversant le bois de Noyers; il est vrai de dire que la nuit était venue, et ma foi on ne sait pas ce qui peut arriver la nuit dans les bois où tout plein de gens ont vu des revenants avec des grands draps tout blancs. Ce n'est pas gai ces idées -là.
Tout d'un coup au tournant de la route, où il y a une clairière, Nanette vit un grand feu, et autour du feu plus de soixante felteux, qu'elle reconnut de suite. Jamais elle n'en avait vu, mais le soir à l'écraigne, elle avait raconté souvent elle-même comment ils étaient tournés, habillés, chacun connaît ça. L es petits felteux étaient rangés en trois cercles concentriques. Le plus large était composé des palefreniers, brossant, étrillant, nattant la crinière et la queue des plus beaux chevaux du pays; ceux-ci se laissaient faire; je crois bien, car ils plongeaient jusqu'aux yeux leurs mâchoires gloutonnes dans les musettes remplies d'avoine savoureuse.
Le second cercle était composé des violoneux, jouant les airs les plus suaves et battant une mesure désordonnée.
Le cercle le plus rapproché du feu était formé par les marmitons, occupés à plumer des canards, des dindons, à peler des pommes de terre, des oignons, que Nanette reconnut pour lui avoir été chipés les jours précédents pendant la noce; elle avait même accusé un de ses aides de ce méfait, bien injustement comme elle le vit alors. Au moment où elle constatait ce larcin, le père felteux, un vieux à grande barbe blanche, haut de deux pieds, vêtu comme les autres d'une veste, d'une culotte et d'une toque rouge, l'aperçut. Il fit signe aux autres qui se levèrent en gambadant, sautant et riant comme des fous. Ils entourèrent la pauvre femme dans une ronde endiablée, chantant à tue-tête sur l'aire de Malbrough:
Voilà la cuisinière
Par la grâce de Dieu,
Qui va faire la bonne chère
Au petit felteu.
Nanette avait eu peur, mais ces petits hommes n'avaient après tout que la renommée d'être farceurs, les entendant chanter par la grace de Dieu. Elle se rassura tout à fait, et se dit qu'ils ne lui feraient pas de mal. Ils lui apprirent que le felteu cuisinier ne se trouvait pas, on l'attendait en vain depuis des heures..............
la suite va suivre
BONNE JOURNEE A TOUS.
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||