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MES AMIS ,BONJOUR J'ESPERE QUE TOUT VA BIEN POUR VOUS ?
CAR MOI JE VAIS BIEN.
ET AUJOURD'HUI JE VOUS METS LA FIN DE CETTE HISTOIRE .NOUS AVONS EU UNE BONNE JOURNEE.
JE VOUS METS LA FIN DE CETTE HISTOIRE.
ET VOUS SOUHAITE UNE BONNE NUIT
Vous êtes bien heureuse, madame Mage, les felteus vous ont joliment étrennée; mais comme ça s'est-il fait, racontez-moi donc cela, ma bonne camarade, car nous sommes camarades, puisque à part vous et moi, personne ne sait manier une marmite dans ce pays-ci.
Il disait cela d'un air bon enfant qui fit disparaître les appréhentions de la cuisinière, flattée au fond de la visite de son concurrent. Elle se mit, tout en faisant la toilette de ses enfants, à raconter par le menu les circonstances de son aventure, si bien qu'en s'en allant sans rien accepter des Mages désireux de le retenir à dîner, Vincent connaissait parfaitement l'affaire et se promettait d'en tirer pour lui-même bon profit.
Peu de temps après, l'occasion se présenta; il fut choisi pour faire le dîner des noces d'or de l'amodiateur de Buxières. Ce ne fut pas d'une gaité folle, et les vieux convives n'avaient pas été d'une générosité remarquable; mais Vincent comptait se dédommager avec les felteus qui lui avaient volé force gigots et volailles, qu'ils avait placés pour se mettre bien avec eux, pendant la nuit qui précéda le festin, près de la cheminée, par où s'introduisent d'habitude les diables rouges.
A la nuit close, Vincent se dirigea vers la fameuse clairière du bois de Noyers, et il y vit le spectacle qu'avait vu Nanette; mais le felteu cuisinier était tout à fait délectable.
Les felteus riaient, piallaient à qui mieux mieux, et leur gaité redoubla en apercevant Vincent. Si vous les aviez vus se lever, entamer leur sarabande infernale autour de lui, vous auriez ri; puis ils tirèrent les pans de son habit, pincèrent ses mollets et grimpant sur ses épaules, enfoncèrent son feutre sur les yeux, lui donnant des pichenettes sur le nez, tirant sa queue et défrisant ses ailes de pigeon. Ils prirent enfin les casseroles, les pincettes, les poêles et les chaudrons et commencèrent un charivari dont on n'a pas idée. Le pauvre homme voulait fuir, ils l'accompagnèrent jusqu"à sa maison et là , montant sur le toit ,descendant par les cheminées, les larmiers de la cave, continuant leur infernal tapage, ils se mirent à chanter à tue-tête:
Eh! bonjour, l'ami Vincent,
La santé, comment va-t-elle?
Nous t'donnons de l'agrément,
Fait-nous un'mine un peu plus belle.
L'un des felteus avait trouvé le pot où Vincent cachait son argent, il l'apporta sur le toit et se mit à lancer les sous, les écus, les louis tout au travers. Les voisins, que le bruit avait réveillés, en ramassèrent tant qu'ils voulurent. Amoitié fou de colère, Vincent s'arrachait les cheveux; les démons compatissant à sa peine, lui crièrent dans les oreilles jusqu'au jour:
L'or est une chimère,
Sachons nous en servir;
Le seul bien sur terre
N'est-il pas le plaisir?
L'arrière-petite-fille de Nanette Mage, qui me racontait il y a quarante ans cette histoire, ne manquait pas d'ajouter:
Voyez-vous, mon petit ami, la vertu est toujousr récompensée et le vice puni.
Ansi-soit-il.
Gustave Sarcaud,conte et légendes du Bassigny Champenois, J.P. Dumoulin, Paris, 1844
et oui tout cela est bien vrai.
BONNE JOURNEE ET PENSEZ-Y TOUT COMME MOI .
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